February 16, 2019

Souvent diagnostiquée tardivement, l’insuffisance rénale fait généralement peu de bruit, jusqu’au moment où les reins menacent de lâcher. Des dépistages sont organisés pour la Journée mondiale du rein.

Un adulte sur dix souffre d’une affection rénale selon la Fondation du Rein , pourtant beaucoup l’ignorent. En cause, le retard de diagnostic face à ces maladies silencieuses, qui donnent peu ou pas de signes visibles pendant une longue période. Et quand les signes se déclarent, il est urgent d’agir : de nombreux malades meurent prématurément des conséquences de l’insuffisance rénale ou d’autres pathologies des reins.

Pour y remédier et prendre en charge les patients le plus tôt possible, la Fondation Internationale des Fondations du Rein coordonne des actions à travers le monde à l’occasion de la Journée mondiale du rein, organisée le 9mars prochain.

Cette année, l’accent est mis sur le lien entre obésité et troubles de la fonction des reins, avec comme leitmotiv « Une vie saine pour des reins sains ». Un colloque ouvert au grand public aura lieu à l’Académie Nationale de Médecine à Paris ce 9 mars. Il réunira de nombreuses sociétés savantes et associations pour tenter d’enrayer la progression des malades rénales chroniques, qui devraient augmenter de 17% en dix ans selon l’Organisation mondiale de la santé.

Des chercheurs sont parvenus à implanter un bio-rein sur des rats sans aucun rejet, saignement ni caillot. C’est une première dans le domaine de la médecine régénérative et une avancée de taille dans la lutte contre l’insuffisance rénale.

Ce prototype de rein recréé en laboratoire donne de l’espoir aux personnes souffrant d’insuffisance rénale . Des scientifiques du Massachusetts General Hospital de Boston ont réussi à fabriquer un rein et à l’implanter sur des rats. Cette expérience ouvre la voie à la réalisation d’autres organes tels les poumons, le foie ou le cœur.

Concrètement, les chercheurs ont vidé le rein d’un rat avec une solution détergente. Cette enveloppe de collagène a ensuite été remplie par des cellules endothéliales humaines et des cellules rénales de rats de nouveau-nés.

Une fois rempli, le bio-rein a été transplanté sur des rats dont un rein avait été enlevé. L’organe artificiel a filtré le sang et a commencé à produire de l’urine sans aucun saignement, rejet ni caillot, explique la revue Nature Medicine, où l’étude a été publiée.

La route est encore longue avant de passer aux tests sur les humains, préviennent les scientifiques. Toutefois, l’objectif de cette expérience est d’aider les personnes souffrant d’insuffisance rénale dont le quotidien est rythmé par les dialyses, explique Harald Ott, du centre hospitalier du Massachusetts.

Si les recherches sur cette technologie avancent, les patients en attente d’une greffe de rein pourraient recevoir de nouveaux organes dérivés de leurs propres cellules afin de limiter les risques de rejet, affirme le spécialiste de la médecine régénérative.

 

 

 

Directrice de publication

Fatou N'diaye Diallo